WALSTEIN ET MARIE STUART.
73
“quittera plus; les rues seront désertes à“ votre passage : vous aurez fait ce qu il y a“ de plus fort, de plus redoutable. Quel“ homme sera sûr de sa propre vie, quand“ la tête royale de Marie n’aura point été“ respectée !”
La réponse d’Elizabeth à ce discours estd’une adresse bien remarquable ; un homme■dans une pareille situation auroit certaine-ment employé le mensonge pour pallier l’in-justice; mais Elizabeth fait plus, elle veutintéresser pour elle-même en se livrant à lavengeance ; elle voudrait presque obtenir lapitié, en commettant l’action la plus cruelle.Elle a de la coquetterie sanguinaire, si l’onpeut s’exprimer ainsi, et le caractère defemme se montre à travers celui de tyran.
“ Ah, Talbot,” s’écrie Elizabeth, “ vous“ m’avez sauvée aujourd’hui, vous avez dé-“ tourné de moi le poignard ! pourquoi ne“ le laissiez-vous pas arriver Jusqu’à mon“ cœur? le combat étoit fini ; et délivrée de“ tous mes doutes, pure de toutes mes fautes,“ je descendois dans mon paisible tombeau :“ croyez-moi, je suis fatiguée du trône et de“ la vie ; si l’une des deux reines doit toin-H ber pour que l’autre vive (et cela est ainsi,