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2 (1813)
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

tannes ; le sentiment du bonheur se réveilleen elle, sans nulle raison, sans nul motif,mais pareequil faut que le cœur respire etquil se ranime quelquefois tout à coup àlapproche des plus grands malheurs, commeil y a presque toujours un moment de mieuxavant lagonie.

On vient avertir Marie quElizabeth vavenir. Elle avoit souhaité cette entrevue ;mais quand linstant approche tout son êtreen frémit. Leicester est avec Elizabeth :ainsi, toutes les passions de Marie sont à lafois excitées: elle se contient quelque temps;mais larrogante Elizabeth la provoque parses dédains; et ces deux reines ennemiesfinissent par sabandonner lune et lautre àla haine mutuelle quelles ressentent. Eli-zabeth reproche à Marie ses fautes ; Marielui rappelle les soupçons de Henri VIIIcontre sa mère, et ce que lon a dit de sanaissance illégitime : cette scène est singu-lièrement belle, par cela même que la fu-reur fait dépasser aux deux reines les bornesde leur dignité naturelle. Elles ne sont plusque deux femmes, deux rivales de figure,bien plus que de puissance; il ny a plus desouveraine, il ny a plus de prisonnière ; et