LES BRIGANDS ET DON CARLOS DE SCHILLER. 4?
tolérance introduira la réformation en Eu-rope ; c’est un homme de bonne foi, maistellement desséché par le temps, qu’il appa-raît comme un spectre vivant que la morta oublié de frapper, parcequ’elle le croyoitdepuis long-temps dans le tombeau.
11 demande compte à Philippe II de lamort du marquis de Posa : il la lui reproche,parceque c’étoit à l’inquisition à le fairepérir, et s’il regrette la victime, c’est parce-qu’on l’a privé du droit de l’immoler. Phi-lippe II l’interroge sur la condamnation deson fils :—“ Ferez-vous passer en moi,” luidit-il, “ une croyance qui dépouille de son“ horreur le meurtre d’un fils ? ”—Le grand-inquisiteur lui répond: — “ Pour apaiser“ l’éternelle justice, le fils de Dieu mourut“ sur la croix.”—Quel mot ! quelle applica-tion sanguinaire du dogme le plus touchant!
Ce vieillard aveugle fait apparoître aveclui tout un siècle. La terreur profonde quel’inquisition et le fanatisme même de cetemps dévoient faire peser sur l’Espagne,tout est peint par cette scène laconique etrapide; nulle éloquence ne pourrait ex-primer ainsi une telle foule dépensées miseshabilement en action.