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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
jeune poëte qui a besoin de donner son araeà son personnage favori ; mais c’est une bellechose en soi-même que ce caractère pur etexalté au milieu d’une cour où le silence et laterreur ne sont troublés que par le bruit sou-terrain de l’intrigue. Don Carlos ne peut êtreun grand homme : son père doitl’avoir opprimédès l’enfance; le marquis de Posa est un in-termédiaire qui semble indispensable entrePhilippe et son fils. Don Carlos a tout l’en-thousiasme des affections du cœur, Posa celuides vertus publiques ; l’un devrait être le roi,l’autre l’ami ; et ce déplacement même dansles caractères est une idée ingénieuse : carseroit-il possible que le fils d’un despote som-bre et cruel fût un héros citoyen ? où auroit-ilappris à estimer les hommes ? Est-ce par sonpère, qui les méprise, ou par les courtisansde son père, qui méritent ce mépris ? DonCarlos doit être foible pour être bon, et laplace même que son amour tient dans sa vieexclut de son ame toutes les pensées politi-ques. Je le répète donc, l’invention du per-sonnage du marquis de Posa me paraît néces-saire pour représenter dans la pièce les grandsintérêts des nations, et cette force chevale-resque qui se transformoit tout à coup par