LES BRIGANDS ET DON CARLOS DE SCHILLER. 41
monde croit que le courroux de Philippe IIva l’anéantir. Les courtisans s’écartent delui, nul n’ose l’approcher ; il se jette aux ge-noux de Philippe, et lui dit : “ Sire, vous“ voyez en moi tout ce qui reste de la flotte“ et de l’intrépide année que vous m’aviez“ confiées.”—•“ Dieu est au-dessus de moi,”répond Philippe ; “ je vous ai envoyé contre“ des hommes, mais non pas contre des tem-“ pètes; soyez considéré comme mon digne“serviteur.” Voilà de la magnanimité: etcependant à quoi tient-elle ? A un certainrespect pour la vieillesse, dans un monarqueétonné que la nature se soit permis de le fairevieux ; à l’orgueil qui ne permet pas à Phi-lippe de s’attribuer à lui-même ses revers, ens’accusant d’un mauvais choix; à l’indulgencequ’il se sent pour un homme abaissé par lesort, lui qui voudrait qu’un joug quelconquecourbât tous les genres de fierté, excepté lasienne; enfin, au caractère même d’un de-spote, que les obstacles naturels révoltentmoins que la plus foible résistance volontaire.Cette scène jette une lueur profonde sur lecaractère de Philippe II.
Sans doute le personnage du marquis dePosa peut être considéré comme l’œuvre d’un