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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
sion désagréable; on s’attend à la vérité, etl’on est péniblement surpris quand Fauteury substitue la fiction quelconque qu’il lui aplu de choisir : cependant l’histoire a besoind’être artistement combinée pour faire effetau théâtre, et il faut réunir-tout à la fois, dansla tragédie, le talent de peindre le vrai etcelui de le rendre poétique. Des difficultésd’un autre genre se présentent quand l’artdramatique parcourt le vaste champ de l’in-vention ; on dirait qu’il est plus libre, cepen-dant rien n’est plus rare que de caractériserassez des personnages inconnus, pour qu’ilsaient autant de consistance que des nomsdéjà célèbres. Lear, Othello, Orosmane,Tan-crède ont reçu de Shakespear et de Voltairel’immortalité, sans avoir joui de la vie ; toute-fois les sujets d’invention sont d’ordinairel’écueil du poète, par l’indépendance mêmequ’ils lui laissent. Les sujets historiques sem-blent imposer de la gêne ; mais quand onsaisit bien le point d’appui qu’offrent de cer-taines bornes, la carrière qu’elles tracent etl’élan qu’elles permettent, ces bornes mêmessont favorables au talent. La poésie fidèlefait ressortir la vérité comme le rayon dusoleil les couleurs, et donne aux évènements