DE L’ART DRAMATIQUE.
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aussi noble que naturelle au langage d’un en-fant ; mais l’admirable effort d’un génie sanspareil n’empêche pas que les difficultés tropmultipliées dans Fart ne soient souvent unobstacle aux inventions les plus heureuses.
• M. Benj. Constant, dans la préface si jus-tement admirée qui précède sa tragédie deWalstein, a fait observer que les Allemandspeignoient les caractères dans leurs pièces,et les Français seulement les passions. Pourpeindre les caractères, il faut nécessairements’écarter du ton majestueux exclusivementadmis dans la tragédie française ; car il estimpossible de faire connoître les défauts etles qualités d’un homme, si ce n’est en leprésentant sous divers rapports; le vulgairedans la nature se mêle souvent au sublime,et quelquefois en relève l’elfet : enfin, on nepeut se figurer Faction d’un caractère quependant un espace de temps un peu long,et dans vingt-quatre heures il ne sauroit êtrevraiment question que d’une catastrophe.L’on soutiendra peut-être que les catastro-phes conviennent mieux au théâtre que lestableaux nuancés; le mouvement excité parles passions vives plaît davantage à la plûpartdes spectateurs que l’attention qu’exige l’ob-