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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
servation du cœur humain. C'est le goûtnational qui seul peut décider de ces diffé-rents systèmes dramatiques ; mais ce qui estjuste, c’est de reconnoître que, si les étran-gers conçoivent l’art théâtral autrement quenous, ce n’est ni par ignorance, ni par bar-barie, mais d’après des réflexions profondeset qui sont dignes d’être examinées.
Shakespear, qu’on veut appeler un bar-bare^ peut-être un esprit trop philosophique,une pénétration trop subtile pour le pointde vue de la scène; il juge les caractèresavec l’impartialité d’un être supérieur, et lesreprésente quelquefois avec une ironie pres-que machiavélique ; ses compositions onttant de profondeur, que la rapidité de l’ac-tion théâtrale fait perdre une grande partiedes idées qu’elles renferment: sous ce rapport,il vaut mieux lire ses pièces que les voir. Aforce d’esprit Shakespear refroidit souventl’action,et les Français s’entendent beaucoupmieux à peindre les personnages ainsi queles décorations, avec ses grands traits qui fonteffet à distance. Quoi ! dira-t-on, peut onreprocher à Shakespear trop de finesse dansles aperçus, lui qui se permit des situationssi terribles ? Shakespear réunit souvent des