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1 (1815)
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lement les passages qui nous paraissent les plus reinar-*quables.

Lobjet que se propose M. de Pommereul, dans lesinstructions quil donne aux imprimeurs, cest dem-pêcher quaucune espèce douvrage néchappe à lopé-ration de la censure, et quil ne paraisse dans le mondeaucun écrit incirconcis. On ne saurait croire jusquil porte pour cela la prévoyance. Manuscrits , réim-pressions, livres déglise et de prière, ouvrages pério-diques, catalogues, agenda, notes, registres, adresses,cartes de visite, etc. etc. etc. , rien nécliappe à sonattention ; il est pour la censure une véritable provi-dence ; il détermine, avec la précision la plus rigou-reuse, tous les devoirs des imprimeurs avant , pendantou après limpression de toutes sortes douvrages, depuisla simple carte de visite jusquau manuscrit le plusimportant; en un mot, il prend ses mesures pourpouvoir toujours dire quel est lemploi actuel de toutesles presses.

Voici la première instruction quil donne aux impri-meurs, sur les manuscrits : a Aussitôt quun imprimeur» reçoit des mains dun auteur le manuscrit de son35 ouvrage , il doit en prendre lecture, pour se con-55 vaincre qu'il ne renferme rien qui puisse porter55 atteinte aux devoirs des sujets envers le souverain.55 Cet examen préliminaire est une espèce de censure55 que limprimeur exerce , et à laquelle il doit se livrer» avec le sentiment intime delà noblesse de son état55 et de limportance de ses fonctions. Il doit donc, sansa hésiter, et tout calcul dintérêt mis à part, refuser35 son ministère pour la promulgation dun livre quil a55 jugé pernicieux. 55 En lisant ces paroles remarqua-bles dun grand inquisiteur de la censure, on aime àse représenter un imprimeur, mutilant, dans lintérêtdu souverain et sous les yeux des auteurs, les œuvresimmortelles dun Buffon , dun Pœusseau , dun Mon-tesquieu , ou de tel autre de nos grands écrivains ; etlon ne peut sempêcher de convenir que cet imprimeurnexerce effectivement des fonctions très-hautes, et sur-tout éminemment utiles et raisonnables.

M. de Pommereul entre ensuite dans le détail desautres devoirs des imprimeurs, tant à légard des ma-nuscrits que des autres ouvrages dimpression; et, aprèsavoir bien pris ses précautions pour que rien ne puisseéviter le fatal ciseau , il termine par ces considérationsgénérales, écrites avec un air particulier de franchise