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d’abord je puis vous la traduire en latin. Si vous crai-<guez que les honorables membres de la chambre desdéputés ne l’entendent pas dans cette langue , je faisun livre de prières , et je pourrai l’y insérer. Je saisque monseigneur l’évêque va faire publier un cathé-chisme et un mandement ; peut-être voudra-t-il insérervotre pétition dans l’un ou l’autre de ces deux ouvrages;enfin , vous pouvez faire un livre de trois cent quarantepages et une ligne, et y insérer votre pétition , qui n’aqu’une page. Tous ces moyens paraissent fort ridicules ; ■mais notre raison doit s’humilier devant la sagesse denos sublimes législateurs.
Voilà, Monsieur, quelle est ma triste position; neserait-il pas possible de la faire connaître aux hono-rables membres de la chambre des députés , sans ieurparler hébreu ou latin ?
—On se rappelle que le ministre de l’intérieur , encombattant contre la liberté de la presse, prouva l’inu-tilité des journaux, par la facilité avec laquelle leministère disposait des journalistes. On craint que lemême ministre ne veuille nous prouver un jour, parla même raison , l’inutilité d’une représentation na-tionale ; mais on ne sait à quelle époque de notre his-toire il ira chercher ses preuves.
— Le rédacteur du journal des Mécontens justifiede plus en plus son titre : il trouve très-mauvais qu’onréclame contre l’ordonnance qui met sur le pavé les or-phelines de la Légion d’honneur : c’est avoir un goûtbien décidé pour le mécontentement ! lise plaint beau-coup aussi des libraires qui ne vendent pas ses feuilles,et du public qui refuse de les lire , tandis que les ou-vrages de M. Benjamin de Constant passent , dit-il, àtravers plusieurs éditions, au grand scandale des gensde bien.
— Depuis que la chambre des députés a adopté leprojet de loi qui rétablit la censure , les journaux sontdevenus d’une stérilité effrayante ; on n’y trouve pasla moindre critique, ni la moindre observation sur lesactes de l’autorité; ce sont les mêmes éloges, les mêmestours de phrase qu’ils employaient sous la dynastie del’auguste Empereur. Enfin , si les étrangers jugent dela situation actuelle de la France par les insipides éloges