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1 (1815)
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dabord je puis vous la traduire en latin. Si vous crai-<guez que les honorables membres de la chambre desdéputés ne lentendent pas dans cette langue , je faisun livre de prières , et je pourrai ly insérer. Je saisque monseigneur lévêque va faire publier un cathé-chisme et un mandement ; peut-être voudra-t-il insérervotre pétition dans lun ou lautre de ces deux ouvrages;enfin , vous pouvez faire un livre de trois cent quarantepages et une ligne, et y insérer votre pétition , qui naquune page. Tous ces moyens paraissent fort ridicules ;mais notre raison doit shumilier devant la sagesse denos sublimes législateurs.

Voilà, Monsieur, quelle est ma triste position; neserait-il pas possible de la faire connaître aux hono-rables membres de la chambre des députés , sans ieurparler hébreu ou latin ?

On se rappelle que le ministre de lintérieur , encombattant contre la liberté de la presse, prouva linu-tilité des journaux, par la facilité avec laquelle leministère disposait des journalistes. On craint que lemême ministre ne veuille nous prouver un jour, parla même raison , linutilité dune représentation na-tionale ; mais on ne sait à quelle époque de notre his-toire il ira chercher ses preuves.

Le rédacteur du journal des Mécontens justifiede plus en plus son titre : il trouve très-mauvais quonréclame contre lordonnance qui met sur le pavé les or-phelines de la Légion dhonneur : cest avoir un goûtbien décidé pour le mécontentement ! lise plaint beau-coup aussi des libraires qui ne vendent pas ses feuilles,et du public qui refuse de les lire , tandis que les ou-vrages de M. Benjamin de Constant passent , dit-il, àtravers plusieurs éditions, au grand scandale des gensde bien.

Depuis que la chambre des députés a adopté leprojet de loi qui rétablit la censure , les journaux sontdevenus dune stérilité effrayante ; on ny trouve pasla moindre critique, ni la moindre observation sur lesactes de lautorité; ce sont les mêmes éloges, les mêmestours de phrase quils employaient sous la dynastie delauguste Empereur. Enfin , si les étrangers jugent dela situation actuelle de la France par les insipides éloges