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Que cette liberté ne puisse pas être dangereuse, celaest prouvé par une longue expérience chez la seulenation où cette liberté existe. M. l’abbé de Montesquiouconfesse que l’Angleterre a le gouvernement le plus fortqui soit au monde, et ce gouvernement est le seul oùla liberté de la presse existe (nous pourrions cependanty joindre les Etats-Unis d’Amérique dont la prospéritétou jours naissante doit être aussi attribuée à cette liberté. )
Que les publications périodiques ne soient pas insigni-fiantes , cela résulte de l’attention qu’on leur accorde.Les mêmes personnes qui manifestent pour elles le plusfort mépris , sont celles qui les emploient le plus volon-tiers dans leur intérêt personnel.
Et nous voyons ceux qui se moquent des pamphlé-taires , lorsque ceux-ci examinent avec indépendance laconduite des ministres , employer eux-mêmes des pam-phlets pour répondre à ces attaques, et réfuter , s’il estpossible , les objections qu’on a faites.
Ce qui prouve que la liberté de la presse ne peut pasêtre considérée comme indifférente, c’est la peine quel’on prend pour en contrarier les efforts;—et cette liberténe peut jamais être dangereuse, lorsque ses moindresexcès sont poursuivis et convenablement punis.
Il est cependant un point, et c’est le seul sur lequelnous sommes d’accord avec M. de Montesquiou ; c’estle reproche qu’il nous adresse relativement à la sévéritéexcessive de nos lois pénales ; et il nous est vraimentpénible de voir faire ce reproche au peuple anglais enface de l’Europe entière, parce que nous devons conve-nir que l’imputation qu’on nous adresse est une véritéet non une calomnie. Mais ne cherchons point la causede cette sévérité de nos lois, comme l’a fait M. deMontesquiou, dans le caractère sauvage et implacable dela nation ; il n’est pas vrai que la nation anglaise aitun tel caractère, comme il n’est point vrai non plus quele caractère plus doux des Français repousse des loisaussi sévères. Nous croyons qu’en France et en Angle-terre, des individus condamnés pour des opinions po-litiques ont été abandonnés par ceux-mêmes qu’ilsavaient intention de servir; et la seule différence,c’est qu’en France ils étaient emprisonnés secrètement