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naître le droit aux avantages dont nous venons de par-ler, comme la base de la constitution britannique, aadouci convenablement les ressorts de cette constitu-tion , sans quoi les barrières et les contrepoids établiscomme moyen de société, auraient bientôt empêchétout-à-fait la marche du gouvernement.
Il n’y a peut-être rien dans cette constitution deplus remarquable que la facilité qu’elle présente demodifier sans danger ses propres principes, d’après lesdonnées de l’expérience. La balance des trois grandspouvoirs semble devoir être un obstacle invincible aumouvement de la machine; mais leur action réciproqueest adoucie par une influence qui, sans être bien appa-rente , est cependant de tous les momens , et s’exerce surtous les actes du gouvernement.
Cette influence , qui a remplacé l’intolérable pouvoirqu’on appelait la prérogative royale , est la véritablecause de ces majorités dont parle l’abbé de Montes-quiou , et qu’il considère comme la force de la consti-tution ; mais cette même influence doit son efficacité àsa modération, et on a prédit, depuis longtemps , quenotre gouvernement serait en danger aussitôt qu’elleviendrait à s’étendre au-delà des limites que la pru-dence prescrit.
Et quel est le contrepoids de cette influence? qu’est-ce qui la retient dans des bornes salutaires? c’est lavoix du peuple qui s’élève dans les assemblées législa-tives , aidée des publications libres dans les ouvragespériodiques, et, en l’absence du parlement, dans cesréunions publiques qui ont aussi l’appui de la presse.La force du gouvernement est dans la liberté aveclaquelle on l’éclaire. Tout acte public est discuté, etbientôt l’opinion générale se manifeste d’une manièretrop claire et trop décisive pour qu’un ministre ose mar-cher en sens contraire.
Affirmer que la liberté des publications périodiquesest dangereuse au gouvernement, ou que ces publica-tions sont tout-à-fait insignifiantes ou méprisables,c’est une erreur manifeste; et cependant M. de Mon-tesquieu, dans son insoutenable argument, établit cettedouble assertion.