BULLETIN
DU CENSEUR.
FRANCE.
Paris, 3i août — 6 septembre 181 4*
.Â.U moment où la discussion sur la liberté de la presseva s’engager de nouveau , nos lecteurs ne verront peut-être pas sans quelqu’intf rêt le jugement qu’un journalisteanglais a porté du discours prononcé par M. l’abbé deMontesquiou devant la chambre des députés.
Lorsque l’abbe de Montesquiou , après avoir dit quele gouvernement anglais i st le plus tort qu'il y ait aumonde, ajoute qu'il est le produit du hasard, il res-sent h le à ces hommes qui ne peuvent s’empèi lier de recon-naiirela sublime beauté du système de l'univers, maisqui prétendent que ce syslème est le résultat fortuit despropriétés de la matière. Non , la constitution bri-tannique n’est point l’ouvrage du hasard , elle est leproduit de l’expérience élaborée par la sagesse et lepatriotisme. Ce n’est point une théorie preparte dansle cabinet du publiciste, c’est une série d’actes adoptésau tur et à mesure que l’expérience du mal ou le senti-ment d’un danger ont exigé des remèdes.
Nos ancêtres ont reconnu cette éternelle vérité, queles lois doivent garantir à l'homme social sa liberté, lasûreté de sa p rsonne, de sa propriété, de sa pen-ée etde sa conscience. Le soin de nos assemblées legislativesa toujours été de procurer à chaque individu la jouis-sance de ces précieux avantages sans détriment pourl’Etat , et sans préjudice pour les autres individus.
■C’est aussi l'experience qui, après avoir fait recon-
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