Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
40
Einzelbild herunterladen
 

( 4 ° )

un homme doux, quil soit sot ou quil ait de lesprit ,quil soit dissipateur ou économe , nimporte ; lessentielest que la volière soit bien garnie. Au reste, la Ga-zette de France nous assure que M. Millevoie chantera,au nom de la municipalité , le roi et les princes, etque M. Dupaty chantera, au même nom , madame laduchesse dAngoulême. Si tous nos poètes pouvaient semettre ainsi dans lusage de ne rimer que pour le comptedautrui, je crois quil en résulterait de grands avantagespour eux et pour le public: pour eux , par ce quils neseraient jamais en contradiction avec eux-mêmes: po.nrle public , parce que chacun pourrait avoir son poète ,comme on a son tailleur ou son cordonnier.

Nous avions déjà un ordre civil et militaire des-tiné à récompenser le mérite de tout genre; il nousmanquait un ordre sentimental destiné à récompenserla niaiserie. Quelques personnes avaient cru que lordredu lis remplirait cet objet, mais elles se sont trompées;la Gazette de France nous annonce quon va en établirun autre qui sappellera l 'ordre de la Colombe . Onprésume que, dans la réception des chevaliers, onemploiera le cérémonial suivant : après avoir jeûnépendant cjuinze jours, et avoir reçu les sacremens de lapénitence et de leucharistie ( selon lantique usage ,car cest toujours quil en faut venir ) , le candidat ,vêtu de blanc et couronné de roses, se présentera de-vant neuf évêques et trois cardinaux; il mettra un ge-nou en terre , regardera sa dame dun air timide et ten-dre, roucoulera cinq fois , battra trois fois de laile , et ,la main sur lévangile, il jurera de ne jamais faussersa foi, mais dêtre toujours franc et loyal chevalier,ensuite il recevra la décoratiçn des mains dune jeune