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un homme doux, qu’il soit sot ou qu’il ait de l’esprit ,qu’il soit dissipateur ou économe , n’importe ; l’essentielest que la volière soit bien garnie. — Au reste, la Ga-zette de France nous assure que M. Millevoie chantera,au nom de la municipalité , le roi et les princes, etque M. Dupaty chantera, au même nom , madame laduchesse d’Angoulême. Si tous nos poètes pouvaient semettre ainsi dans l’usage de ne rimer que pour le compted’autrui, je crois qu’il en résulterait de grands avantagespour eux et pour le public: pour eux , par ce qu’ils neseraient jamais en contradiction avec eux-mêmes: po.nrle public , parce que chacun pourrait avoir son poète ,comme on a son tailleur ou son cordonnier.
— Nous avions déjà un ordre civil et militaire des-tiné à récompenser le mérite de tout genre; il nousmanquait un ordre sentimental destiné à récompenserla niaiserie. Quelques personnes avaient cru que l’ordredu lis remplirait cet objet, mais elles se sont trompées;la Gazette de France nous annonce qu’on va en établirun autre qui s’appellera l 'ordre de la Colombe . Onprésume que, dans la réception des chevaliers, onemploiera le cérémonial suivant : après avoir jeûnépendant cjuinze jours, et avoir reçu les sacremens de lapénitence et de l’eucharistie ( selon l’antique usage ,car c’est toujours là qu’il en faut venir ) , le candidat ,vêtu de blanc et couronné de roses, se présentera de-vant neuf évêques et trois cardinaux; il mettra un ge-nou en terre , regardera sa dame d’un air timide et ten-dre, roucoulera cinq fois , battra trois fois de l’aile , et ,la main sur l’évangile, il jurera de ne jamais faussersa foi, mais d’être toujours franc et loyal chevalier,ensuite il recevra la décoratiçn des mains d’une jeune