raconte est , au reste , connu d’un assez grand nombrede personnes , pour que nous ne craignions pas qu’onose le démentir.
— On assure que le roi de Maroc a accordé la libertéde la presse à tous les sujets de son royaume ; et quepour les faire jouir plus sûrement et plus promptementdu bienfait de la loi par laquelle il l’a établie, il a nom-mé, peu de jours après, des commissaires chargés d’exa-miner les manuscrits qui devront être livrés à l’impres-sion , et de les arrêter dans le cas où ils renfermeraientquelque chose de contraire aux intérêts de cet augustemonarque, ou aux vues particulières de ses ministres.Le roi , en apportant cette sage restriction à la loi, aconsidéré qu’il ne fallait pas prendre des mesures pourréprimer l’abus qu’on pourrait faire de la presse , ets’exposer à traduire d’honnêtes libellâtes devant les tri-bunaux ; que ce serait manquer Également aux auteurset aux particuliers , et qu’il était bien plus honnêted’arrêter un bon ouvrage avant l’impression , que defaire punir l’auteur d’un libelle imprimé , quelque in-fâme qu’il pût être ; que c’était décharger les libellistesd’une grande responsabilité , et en a assumer une très-forte sur le roi ; que S. M. avait un grand amour pourSes lettres , et qu’on ne devait pas craindre qu’elle vou-lût arrêter le progrès toujours croissant des lumières ;qu’elle avait une passion immodérée pour la liberté, etqu’il serait absurde de croire qu’elle voulût se réserverle rnoven de détruire son propre ouvrage ; que d’ailleursja censure ne serait pas exercée par des eunuques stu-pides et toujours à genoux devant la volonté de leurmaître, comme à Constantinople-, que les censeurs, de