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1 (1815)
Entstehung
Seite
32
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raconte est , au reste , connu dun assez grand nombrede personnes , pour que nous ne craignions pas quonose le démentir.

On assure que le roi de Maroc a accordé la libertéde la presse à tous les sujets de son royaume ; et quepour les faire jouir plus sûrement et plus promptementdu bienfait de la loi par laquelle il la établie, il a nom-, peu de jours après, des commissaires chargés dexa-miner les manuscrits qui devront être livrés à limpres-sion , et de les arrêter dans le cas ils renfermeraientquelque chose de contraire aux intérêts de cet augustemonarque, ou aux vues particulières de ses ministres.Le roi , en apportant cette sage restriction à la loi, aconsidéré quil ne fallait pas prendre des mesures pourréprimer labus quon pourrait faire de la presse , etsexposer à traduire dhonnêtes libellâtes devant les tri-bunaux ; que ce serait manquer Également aux auteurset aux particuliers , et quil était bien plus honnêtedarrêter un bon ouvrage avant limpression , que defaire punir lauteur dun libelle imprimé , quelque in-fâme quil pût être ; que cétait décharger les libellistesdune grande responsabilité , et en a assumer une très-forte sur le roi ; que S. M. avait un grand amour pourSes lettres , et quon ne devait pas craindre quelle vou-lût arrêter le progrès toujours croissant des lumières ;quelle avait une passion immodérée pour la liberté, etquil serait absurde de croire quelle voulût se réserverle rnoven de détruire son propre ouvrage ; que dailleursja censure ne serait pas exercée par des eunuques stu-pides et toujours à genoux devant la volonté de leurmaître, comme à Constantinople-, que les censeurs, de