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«ans : comment concevoir en effetque quelques hommes,du génie le plus médiocre , puissent lutter avec quel-que avantage contre l’opinion publique de l’Europie?
— Dès le commencement de la révolution , les habi-tans de Grenoble ont lait profession de principes qui ne sesont jamais démentis. Défenseurs intrépides d’une sageliberté , ils surent résister au torrent des idées démago-giques , et ne souillèrent jamais leur patriotisme paraucun excès. Sous le règne de Bonaparte , ils ont con-servé une indépendance d’opinion que sa police inquisi-toriale a toujours été forcée de respecter. L’extrait sui-vant d’une lettre adressée de Grenoble à un habitant deParis, prouvera à nos lecteurs que notre régénérationactuelle n’a pas été plus capable d’altérer leurs princi-pes , que nos folies et notre corruption passées.
« Quel bonheur de vivre dans un pays dont la plupart» des habitans ont des idées saines ! Vous aurez pu en>3 juger par une brochure de M. Duchêne, sur différens>3 articles de la constitution. Aussi a-t-il été reçu ici13 d’une manière distinguée. Le soir de son arrivée, les33 jeunes gens lui ont donné une sérénade. AIafin,mil!o33 voix ont fait retentir l’air des cris de vive Duchêne !i 3 vive lé défenseur des droits de la nation ! Etant des-33 cendu de son appartement pour venir remercier, un» des assistans est allé lui poser une couronne sur la» tête. Vous devez bien imaginer que je m’y trouvais,33 et que je n’y étais pas un être passif; jugez par-là de33 l’esprit qui anime les habitans de Grenoble. 33
Nous pourrions nommer , au besoin , la personne quia écrit cette lettre et celle qui l’a reçue. Le fait qu’elle