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1 (1815)
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18
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( iS )

Journal de Paris. Quoiquil ne soit pas probable quilsignorent la triste ayenttire de M. Deinersan, nous allonsla raconter ici en peu de mots en faveur de ceux quilignorent encore , et avec des circonstances que très-peude personnes connaissent.

On sait avec quelle complaisance 1VE. Cheron, censeuru Journal des Débats, et M. Michaud, censeur de laGazette de France , se louent réciproquement dans lesjournaux soumis à leur inspection. Lun des rédacteursles plus malins du Journal de Paris, ayant remarqué ceridicule comérage , fit, il y a quelques jours, un petitarticle, dans lequel , supposant que ces deux Messieursse rencontrent au coin de la rue des Mauvaises-Paroles ,il leur fait répéter le dialogue de Trissotin et de Vadius,dans la comédie des Femmes Savantes :

Vos vers ont des beautés que nont pas tous les autres, etc.

Avant de faire imprimer cet article, il fit au censeurdu Journal de Paris, quil savait être très-lié avec sesconfrères du Journal des Débats et de la Gazette deFrance, lespièglerie de le soumettre à son approbation ;condescendance quon na pas ordinairement pour deschoses plus sérieuses. M. le censeur mit en note au bas,que lépigramme du rédacteur nétait pas juste, et quilavait cédé trop facilement au désir de donner au publicun échantillon de son talent poétique. Larticle parutmalgré la note,et le lendemain la note parut àsontour,précédée dune petite réflexion du rédacteur. Pour don-ner au public , dit-il , la juste mesure de linstructionquil faut avoir pour être censeur dun journal, je croisdevoir lui faire connaître que M. Dumersan, censeur duJournal de Paris , ma attribué les vers de Molière queje faisais réciter hier à MM. les censeurs du Journal desDébats et de la Gazette. On sent à quel point ildutêtr»