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Journal de Paris. Quoiqu’il ne soit pas probable qu’ilsignorent la triste ayenttire de M. Deinersan, nous allonsla raconter ici en peu de mots en faveur de ceux quil’ignorent encore , et avec des circonstances que très-peude personnes connaissent.
On sait avec quelle complaisance 1VE. Cheron, censeuru Journal des Débats, et M. Michaud, censeur de laGazette de France , se louent réciproquement dans lesjournaux soumis à leur inspection. L’un des rédacteursles plus malins du Journal de Paris, ayant remarqué ceridicule comérage , fit, il y a quelques jours, un petitarticle, dans lequel , supposant que ces deux Messieursse rencontrent au coin de la rue des Mauvaises-Paroles ,il leur fait répéter le dialogue de Trissotin et de Vadius,dans la comédie des Femmes Savantes :
Vos vers ont des beautés que n’ont pas tous les autres, etc.
Avant de faire imprimer cet article, il fit au censeurdu Journal de Paris, qu’il savait être très-lié avec sesconfrères du Journal des Débats et de la Gazette deFrance, l’espièglerie de le soumettre à son approbation ;condescendance qu’on n’a pas ordinairement pour deschoses plus sérieuses. M. le censeur mit en note au bas,que l’épigramme du rédacteur n’était pas juste, et qu’ilavait cédé trop facilement au désir de donner au publicun échantillon de son talent poétique. L’article parutmalgré la note,et le lendemain la note parut àsontour,précédée d’une petite réflexion du rédacteur. Pour don-ner au public , dit-il , la juste mesure de l’instructionqu’il faut avoir pour être censeur d’un journal, je croisdevoir lui faire connaître que M. Dumersan, censeur duJournal de Paris , m’a attribué les vers de Molière queje faisais réciter hier à MM. les censeurs du Journal desDébats et de la Gazette. On sent à quel point ildutêtr»