DISCOUR.S
DE M. LE DUC DE BR ANC A S,
EN VOTÉ PAR LUI A M. LE COMTE BOTSSY-d’ANGLAS,
Pour être lu à la chambre des pairs , délibérant sur lebudget .
Messieurs , vous me verrez défendre beaucoupmoins la liberté du trésor royal que je n’ai défendula liberté de la presse ; car, ce me semblé , on nesaurait prendre des écus pour des idées , sans prendreaussi ses poches pour sa tête. Mais, comme beaucoupd.e braves gens peuvent tomber dans cette méprise, etlie pas craindre de se tromper , je rappelerai à lachambre qu’il s’en faut bien que j’aie dit, que j’aiesoutenu que la liberté de la presse doive n’avoir au-cune limite. Ne fût-ce donc que par analogie , jepense que la liberté du trésor royal doit avoir desbornes : et que si des lois répressives suffisent pourpunir les prodigalités de la liberté d’écrire, des loisré-préhensives doivent prévenir les prodigalités du trésorpublic ; car enfin , dans le cas des délits de la presse,les coupables sont punis ; tandis qu’en finance c’estprécisément le contraire. Aussi le roi n’avait-il pasmanqué de soustraire la pensée à des censeurs minis-