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1 (1815)
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515
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je mattacherai seulement ici au point principal,lhonneur, qui est , à proprement parler , le levieravec lequel on remue les nations, etsur-tont la nationfrançaise. Nous devons peut-être la plus grandepartie de nos maux à une simple équivoque, à unabus de mots , au défaut de la distinction qui existeentre l'honneur et les honneurs : cependant quy a-t-ilde commun entre ces deux choses ?

Lhonneur est le principe de tout ce qui se faitde grand dans le monde ; les honneurs, un simplesigne de la faveur, et plus souvent la marquede lintrigue et dune vile complaisance, que dunmérite réel. Lhonneur excite une généreuse émula-tion , les honneurs une basse jalousie : ceux-ci ren-dent indifférent sur les intérêts de la masse de la na-tion, dont ils distinguent et isolent celui qui en estrevêtu ; l'honneur de chaque citoyen, au contraire,nest quune émanation , une partie de lhonneurnational.

Tout ce quon peut dire de plus favorable à cequon nomment les honneurs , cest quils ne sont pasprécisément incompatibles avec le véritable hon-neur. Mais un homme taré, flétri, déshonoré danslopinion , peut réunir sur sa personne tous lestitres, toutes les dignités, tontes les décorations, tousles honneurs 5 tandis quun homme modeste , pleinde probité , de vertus , de talens , du véritable hon-neur enfin , peut navoir aucune de ces distinctions.Lhonneur est inhérent à celui qui a su lacquérir ;on se dépouille des autres en ôtant son habit.