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La France et l’Angleterre ne sauraient se régir dela même manière , relativement à l’esprit national ,<]iii doit être différent dans les deux pays. L’Angle-terre , toute commerçante, doit se régir par le calculet le goût des entreprises hasardeuses ; la France doitsn régir par l’amour de son territoire. L’Angleterremet son point d’honneur à se considérer comme lepoint central des grandes spéculations maritimes quiunissent toutes les nations: la France doit mettre lesien à profiter des dons que la nature lui a prodi-gués chez elle-même. Flous devons nous enorgueillirde nos richesses propres , nous affectionner , nousattacher à les répandre uniformément parla facilitédes communications intérieures , sans prétendre ri-valiser avec nos voisins sur un élément dont la posi-tion géographique et le système d’équilibre des puis-sances de l’Europe semblent leur assurer pour long-temps la suprématie. Il vaut mieux se borner à mul-tiplier et améliorer les productions du sol , que denous livrer à un commerce étranger que nous nepourrons jamais faire que d’une manière subalterneet précaire, sous le bon plaisir des Anglais , quichercheront toujours îi nous y faire éprouver toutesles avanies possibles.
Tel doit donc être le caractère de l’esprit nationalqui convient à la nation française ; c’est l’amour dela grande propriété territoriale , qui renferme toutesnos propriétés particulières , l’amour du sol pris col-lectivement ; son intégrité , son perfectionnement,son indépendance politique , la disposition des es-prits, nous portent naturellement vers ce but com-