donnait la preuve , et si nous ne la voyions encoreexister a un liant degré chez quelques nations voi-sines.
En Angleterre, toutes les fortunes particulièressont liées à la fortune publique 5 chacun est puissam-ment inséressé à ce que celle-ci n’éprouve jamais d’e-branlemens sensibles 5 par conséquent la grande ma-jorité de la nation est nécessairement pour le gouver-nement , et le parti de l’opposition ne peut être quetrès-faible ; il n’est là que pour tenir tout le mondeen haleine , et rendre les discussions plus piquanteset plus approfondies. Yoilà pourquoi l’Angleterre aun esprit national.
Il n’en est pas de même en France 5 les fortunes in-dividuelles étant des parties mêmes du sol , se trou-vent moins liées les unes aux autres, plus indépen-dantes de la direction générale des affaires, qui peu-vent péricliter jusqu’à un certain point, sans altérerles propriétés foncières dans lesquelles réside , la for-tune publique. Yoilà pourquoi il y a plus d’isolementen France , plus d’égoïsme , peu ou point d’espritnational: et cependant il en faut un ; car il n’y a queles grandes passions qui fassent les grandes nations.Chez l’une , c’est la passion de la liberté; chez uneautre , c’est celle des conquêtes ; chez une antre , lefanatisme religieux ; chez nous , ce doit être l’amourde la patrie , c’est-à-dire , l’amour du sol qui nous avu naître (1).
( 1 ) Et des institutions sous lesquelles nous sommesobligés de vivre.