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ou enfin dans l’expérience? L’insuffisance du raison-nement est assez prouvée, comme je l’ai déjà remar-qué ailleurs , par les écarts qu’il nous a fait com-mettre dans tous les genres.
L’homme de la nature n’a aucun frein, non plusque les autres animaux; il rapporte tout à ses besoinsphysiques. Mais nous neconsidérous ici que l’hommesocial : nous parlons de la supposition qu’il habiteavec ses semblables, et que l’état le plus désirablepour lui , est celui d’une société bien organisée, oùl’on se prête des secours mutuels ; de sorte que ce quenous avons à chercher , est ce qui doit constituercette société, pour qu’elle parvienne au plus hautdegré de prospérité dont elle soit susceptible.
Or , nous sentons que ce maximum de prospériténe peut se trouver dans l’isolement absolu des hom-mes, puisque les premiers secours, ceux mêmequ’une mère doit à ses enfans, leur manqueraient:ainsi, cet état declioses, non-seulementn’atteindraitpas le but, mais est même absolument impossible.Il est donc déjà démontré que l’état de civilisationle plus désirable exige le sacrifice d’une partie dela liberté naturelle.
Mais l’expérience démontre aussi que sous un des-potisme absolu, qui est l’autre extrême, les lumièress’éteiguent insensiblement, les arts cessent d’êtrecultivés, l’émulation disparaît, chacun devient in-différent à la gloire nationale et à la prospérité pu-blique ; de sorte que l’agriculture , le commerce etla population s’anéantissent graduellement.