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1 (1815)
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508
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ou enfin dans lexpérience? Linsuffisance du raison-nement est assez prouvée, comme je lai déjà remar-qué ailleurs , par les écarts quil nous a fait com-mettre dans tous les genres.

Lhomme de la nature na aucun frein, non plusque les autres animaux; il rapporte tout à ses besoinsphysiques. Mais nous neconsidérous ici que lhommesocial : nous parlons de la supposition quil habiteavec ses semblables, et que létat le plus désirablepour lui , est celui dune société bien organisée,lon se prête des secours mutuels ; de sorte que ce quenous avons à chercher , est ce qui doit constituercette société, pour quelle parvienne au plus hautdegré de prospérité dont elle soit susceptible.

Or , nous sentons que ce maximum de prospériténe peut se trouver dans lisolement absolu des hom-mes, puisque les premiers secours, ceux mêmequune mère doit à ses enfans, leur manqueraient:ainsi, cet état declioses, non-seulementnatteindraitpas le but, mais est même absolument impossible.Il est donc déjà démontré que létat de civilisationle plus désirable exige le sacrifice dune partie dela liberté naturelle.

Mais lexpérience démontre aussi que sous un des-potisme absolu, qui est lautre extrême, les lumièresséteiguent insensiblement, les arts cessent dêtrecultivés, lémulation disparaît, chacun devient in-différent à la gloire nationale et à la prospérité pu-blique ; de sorte que lagriculture , le commerce etla population sanéantissent graduellement.