Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
480
Einzelbild herunterladen
 

( 48 ° )

constitutionnelle! ) La nature de ses attributions , lesprérogatives dont elle jouit , le secret qui environneses délibérations et les dérobe à P influence populaire ,nont-ils pas pour objet détablir dans son sein unejurisprudence durable et à P abri de toute altération ?(On trouvera peut-être un peu étrange que, danslopinion du ministre, la nature des attributions dela chambre, les prérogatives dont elle jouit, et lesecret qui environne ses délibérations , doivent la dis-penser dobserver la constitution. Cette invitation quilui est faite de se placer au-dessus des lois les pluèsaintes , par la raison que le public nen saura rien,fait assez connaître le motif pour lequel on veut sup-primer la liberté de la presse. ) La constitution , sansdoute , est confée à sa garde i Mais qui peut nuire le plusà la constitution ? de mauvaises lois , et jappelle ainsicelles qui favorisent cet esprit dindépendance sauvage ,ennemi de tout frein et de toute retenue. (Lindépen-dance sauvage nest pas celle qui laisse aux hommesle libre exercice de leurs facultés, sauf à eux à ré-pondre du mauvais usage quils en fout; cest cellequi livre les hommes à la discrétion des uns et desautres, sans quil soit possible aux plus faibles dob-tenir justice des plus forts. Or, telle est létat danslequel le ministre tend à placer un grand nombre decitoyens , en se réservant exclusivement la libertéillimitée de la presse, et la faculté darrêter arbitrai-rement les écritt qui lui déplairont).

Le ministre ayant parlé, on demande que la dis-cussion soit fermée. Cette proposition est mise aux