(4 <50
On se demande comment M. le ministre a pu êtresamené à un pareil aveu. Je l’ignore ; j’imaginepourtant que S. Exc. aura été entraînée par la force' de la discussion. Le talent, l’à-plomb, la bonne foides orateurs qu’il avait à combattre, lui auront sansdoute fait sentir la nécessité d’abandonner la marchequ’il avait suivie jusqu’alors; et il paraît qu’aulieu de chercher à exciter la confiance de la chambre,en lui déguisant prudemment la vérité, il s’est at-taché à la mériter, en lui montrant une grandefranchise , en lui révélant toute sa pensée , et en l’as-sociant aux plus hautes conceptions du ministère. Ils’est peu arrêté à combattre les objections faitescontre l’inconstitutionnalité de la loi. Il a lait l’aveuque le conseil d’état avait décidé en principe que,par les mots de l’article 8 de la charte , en se confor-mant aux lois qui doivent réprimer les abus de cetteliberté , il fallait entendre, non la répression desdélits commis par la voie de la presse, mais la pré-vention de ces délits, non la liberté de la presse,mais la censure (î). Il est convenu que la loi avait
(i) Il ne faut point s’étonner que le conseil d’état sepermette d’interpréter la constitution. On sait que M. lechancelier, dans le discours qu’il a prononcé lors deson installation , l’a investi de ce pouvoir , et qu’il amême décidé que ses avis auraient force de loi, pourvuqu’ils fussent approuvés par le roi. Il ne faut pas s’éton-ner non plus qu’il viole la constitution en l’interprétant.On sait que ses membres ne s’engagent point par leur