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les citoyens bien intentionnés et éclairés qui prennentpart à la chose publique , parce qu’elle est véritable-ment celle de chacun, et qui, glacés à l’aspect de lacensure, n’oseront dénoncer aucun abus, contrarieraucun ministre , et discuter aucune affaire de politiqueet de haute législation , et qui se condamneront à untriste et morne silence. Ainsi , plus d’issues ouvertespour faire arriver au pied du trône les bonnes idéeset la vérité , qui n’y parviennent que si difficilement.
D’un autre côté , la contrainte de la censure pro-duira l’effet naturel à tout système de prohibition ;faute d’une liberté qui trouve naturellement sa limitedans son propre intérêt, on verra pulluler les carica-tures , les épigrammes , les vaudevilles, les nouvellesà la main -, et puisqu’il faudra tromper la vigilancede la police de la librairie, il n’y aura plus de mesuredans les écrits imprimés clandestinement, et qui se-ront d’autant plus envenimés, que leurs auteurs au-ront plus de risques à courir. Je n’étends pas plus loinmes réflexions, messieurs-, je vous prie de peser toutesces considérations , et de juger dans votre sagesse si,dans l’intérêt du gouvernement, qui doit nous oc-cuper , il n’y a pas plus de danger à restreindre lapresse qu’à lui laisser son cours naturel , sous l’em-pire de bonnes lois répressives.
IY. Enfin, Messieurs, on demande si, dans l’étatactuel des choses , il n'y aurait pas moyen de rap-procher les opinions ; vous sentez que je veux parlerdes insinuations conciliatrices dont l’ouverture a étélaite à la dernière séance. Si j'ai bien conçu ce sys-'