C’est au moment où toute notre législation doit,pourainsi dire , être refaite Quand aurez-vous plus be-soin d’être éclairés par l’opinion publique , par lesécrits qui vous indiqueront les inconvéniens locaux,le danger que peut avoir la loi proposée ? N’oubliezpas , messieurs , qu’il ne suffit pas qu’une loi soitbonne ; il faut, pour qu’elle soit exécutée , qu’elle soitconforme au voeu général , et ce vœu ne peut êtreconnu que par la communication avec le public.
En vain assurerait-on que ces sortes d’écrits neseraient jamais atteints par la censure ; sans douteles ministres éclairés qui remplissent aujourd’huiles divers ministères, seraient loin de s’opposer à leurpublication ; mais le censeur , pour faire sa cour auministre qui aurait proposé une loi , arrêtera l’écritqui critiquerait peut-être avec raison ce projet de loi,ou en retardera du moins la publication jusqu’aumoment où elle sera acceptée. Les deux chambres,et surtout celle des pairs, ne connaissant pas les in-convéniens locaux , seront exposées continuellementà confectionner de mauvaises lois. Ces écrits, destinésà éclairer les législateurs avant qu’elles soient faites ,deviennent, après la publication, une désapprobationdangereuse.
M. le duc de Praslia développe ici tons les dangersde la censure et les avantages de la liberté de lapresse. Il observe que le gouvernement ne peut avoirde la force que par l’opinion ; et que sans la libertéd’écrire et de publier ses pensées , l’opinion ne peutjamais soutenir le gouvernement 5 que la censure