M. le duc de Levis énonce son opinion en peu demots: il propose de substituer un nouveau préambuleà celui qui se trouve en tète du projet; du reste il nevoit rien dans la loi proposée qui puisse exciter sesalarmes , et il n’en fait aucune critique.
M. le duc de Praslin ne partage point les sentimeiisde M. de Levis : il démontre que la loi est évi-demment inconstitutionnelle dans la plupart de sesdispositions , et dans la forme sous laquelle lachambre des députés l’a adoptée ; il examine ensuitesi la chambre doit suspendre l’exercice de la libertéde la presse.
Si ce projet est contraire à la constitution , dit-il ,devez-vous , pouvez-vous ainsi suspendre la consti-tution , et voter un projet qui la renverserait ?
Non, sans doute , vous n’irez pas donner un si fatalexemple, vous n’irez pas ébranler et détruire la con-fiance publique , mettre en doute toutes les garantiesdonnées si généreusement par le gouvernement pa-ternel sous lequel nous avons le bonheur de vivre.
Eli quoi ! les partisans de la censure accusent la li-berté de la presse d’avoir, par des écrits incendiaires,anéanti , détruit la constitution à peine publiée ; etpour obvier à un pareil inconvénient, ils vous pro-posent de la suspendre !
Qui peut motiver une pareille infraction à cettecharte révérée ! La crainte chimérique des factions ,des partis à peine comprimés , et qu’on vous présentecomme prêts à embraser la France des fureurs de.-l’anarchie.