( 4*5 )
l’objet des délibérations de la chambre. L’article 9,relatif aux journaux , lui paraît de la pins hauteimportance. Nous ne sommes plus, dit-il , dans cestemps où les gazettes étaient une espèce de luxe.Au point où en sont les lumières , et sous un gou-vernement représentatif , les journaux sont le pre-mier besoin des peuples. Rédigés sous la sauve-garded’institutions libérales, ils sont le bréviaire le pluspropre à former l’esprit national, à maintenir lespeuples dans le juste amour du gouvernement, etle gouvernement dans la juste mesure de ses attri-butions. Mais ils ne sauraient produire ces salu-taires effets s’ils se trouvent sous la dépendance d’uneforce qui peut les oprimef ; car, comment pouvoircompter alors sur leur véracité, non-seulement ilscessent d’être utiles quand on commence à douters’ils sont sincères , mais ils deviennent même nuisi-bles , parce qu’ils minent insensiblement la confiancedes peuples dans le gouvernement : ils sont, ajoutel’orateur , dans les mains du ministre chargé de lescensurer, une arme terrible, presqu’aussi redoutablepour les autres ministres que pour le peuple. Celuiqui exerce cette censure est bientôt le maître , s’ilveut l’être. Songez-y, princes , ministres , généraux,fonctionnaires de toutes les classes, le ministre de lacensure des écrits, et notamment des journaux, estle seul homme qui reste debout.
Après avoir fait ces observations sur les articles duprojet qui lui paraissent contraires à l’esprit et au sensde la charte, l’orateur examine l’omission des formes