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1 (1815)
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410
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à la censure , cest-à-dire , anéantir la liberté . Mais

quels sont les livres quil excepte tle la sienne ? tousceux quon ne lit point ou presque point? quels sontceux quil y soumet ? tous ceux quon lit , tous lesécrits que le commun des hommes peut lire, et beau-coup plus que le commun des hommes ne veut et nepeut en lire. Il est donc vrai que , daccord plus quilne pense avec tous les publicistes , le ministre accuselui-même sa censure danéantir la liberté.

Il nen conviendrait pas , que les pierres mêmesélèveraient, sil est permis de parler ainsi , et pro-clameraient que son projet est précisément lescla-vage de la presse.

Comment la presse est-elle captive à Rome, en Es-pagne , en Autriche? parce quil y a censure préalableet arbitraire. Cette censure aura lieu eq France :on naurait donc montré aux Français la liberté quepour sefforcer de la leur ravir , que pour leur fairepartager le sort des états gouvernés par le despotismeet linquisition.

Le roi nous a garanti par sa charte la liberté dela presse ; comment oser dire queri octroyant à nosbesoins et à nos lumières ce bien précieux , dont ilnous a trouvés en possession , cest précisément lacensure arbitraire quil nous a octroyée dans sa bontélibérale? Voilà pourtant ce que dit par deux fois lepréambule même de la loi proposée; voilà ce quonretrouve encore dans les premiers et dans les secondsmotifs. Qui du prince ou de la nation a le plus à seplaindre dun tel langage et dune telle entreprise ?