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Il est vrai qu’à Constantinople , lorsque parfoisy souffre l’imprimerie, elle est confinée dans le sé-rail, sous la garde des muets et des eunuques; maisla censure arbitraire et préalable , confiée à un mi-nistre et à ses suppôts amovibles , serait une chosepire encore , puisque ce serait confiner l’imprimeriedans les cabinets d’un ministre qui , un jour , pour-rait vouloir étouffer non-seulement les vérités utilesà connaître pour tous les citoyens, mais celles mémoqu’ri importerait le plus au roi de savoir , et quel-quefois de publier.
Concluons. Si l’on considère le projet , selon sonpréambule , comme un complément de la charte ,comme son accompagnement inséparable , il doitêtre rejeté comme injurieux à sa majesté, commedestructif directement du droit de publier nos opi-nions , et indirectement de tous nos droits politiques.Il devrait être aussi rejeté, si, c’était franchementune mesure suspensive et de circonstance , parcequ’on s’obstine à la présenter dans les seconds motifset dans le préambule comme conforme à la consti-tution qu’elle détruit ; parce qu’elle a passé d’ur-gence à la char,nbre. des députés , contre le texte, etl’esprit de l’article 46 de la charte ; parce qu’enfin lamesure n’est point justifiée par les circonstances, etqu’elle serait inefficace en cas de troubles.
Le besoin urgent des circonstances est d’observerla constitution , et non de la suspendre. La consti-tution violée par les actes des autorités , la consti-tution paralysée par le retard des lois nécessaires à