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ne pourraient se, cacher sous de faux semblans 3 il»épargneraient à eux des soucis pénibles , et quelque-fois à la nation des alarmes dangereuses.
Il ne suffit pas , dit-on , de réprimer , ni même deprévenir les délits : il faut prévenir les c’est-à-dire,
les imprudences qui ne seraient pas des délits, des con-traventions aux lois.
N’est ce pas là donner à la constitution un sens tropforcé } et qui ferait, avec raison, accuser la sagessedes rédacteurs de la charte ?
Quel homme sensé a jamais prétendu empêcherles simples abus? Ne serions-nous pas trop heureux,si l’on pouvait prévenir, ou seulement punir les abusqui sont les délits , les imprudences qui contrevien-nent aux lois ?
Ce serait le mieux, dites-vous, d’empêcher les sim-ples abus. Oui , si on le pouvait sans tomber dans leplus grand de tous les abus , celui qui détruirait laliberté. Dieu même, dans sa sagesse et sa puissancesuprême, ne l’a pas entrepris ; et nous, chétives créa-tures , npus oserions y prétendre ! Il n’y a qu’un se-cret pour détruire efficacement tous les abus, c’est dedétruire le genre humain : erunt vitia donec homines,Songez-y , législateurs , qui voudriez prévenir tousles abus,vpus pourriez n’êlre que des tyrans à courtevue et de courte durée,
Ceci m’amène assez naturellement au principe : laçensure préalable est l’anéantissement de la liberté.
Le ministre de l’intérieur en convient, page 6 deses premiers motifs 3 soumettre, dit-il , tous les livres