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soyez pleinement rassurés; nous sommes encoreprémunis contre cette liberté - là par notre codepénal.
Il punit d’emprisonnement, jusqu’à six mois ,toute impression qui ne porte pas le nom, le vrainom de l’auteur, ou celui de l’imprimeur; et dansl’état présent de notre législation réglementaire , iln’y a en France aucun imprimeur qui ne soit pri-vilégié , breveté, sermenté : nul ne peut donc , enFrance, rien imprimer que par un imprimeur duroi , c’est-à-dire, par un imprimeur du ministre del’intérieur, par un imprimeur qui tremble à chaqueinstant d’être ou destitué ou tourmenté par les agensde ce ministre.
C’est là une première censure sur tous les auteurs.Voilà un premier lazaret, si l’on veut encore des la-zarets dans cette matière.
En voici un second : toute imprimerie est sujetteà visite de la police, ne fût-ce que pour constater lesdélits dont il y a exécution commencée. Voilà uneseconde censure en permanence, et avant, et pen-dant, et après l’impression.
Rien ne peut y échapper, puisque , selon des ar-ticles de réglement, spécialement renouvelés par leroi même , et dont personne ne demande l’aboli-tion, quant à présent, il y a nécessité de déclarerl’ouvrage à la police de l’imprimerie , avant de com-mencer l’impression ; et nécessité, avant de mettre envente, d’avoir déposé cinq exemplaires, et d’en avoirle récépissé , qui se retarde à volonté par un grandabus. Ainsi, indépendamment de la censure par des