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De tons les reproches qu’on a faits au sénat, unseul me paraît mérité; car la foudre qu’il lança le aavril sur l’oppresseur du peuple, sans consulter soudanger personnel, même avant qu’il pût connaîtrel’opinion de l’armée, l’absout suffisamment de com-plicité volontaire avec lui. Ce tort est le même donton voudrait nous rendre coupables aujourd’hui (1).De celui-ci découlèrent tous les autres ; la liberté dela presse une fois anéantie , il put impunémentexercer contre nous toute espèce de tyrannie.
Renfermés hermétiquement dans celte doulou-reuse enceinte, sans aucun point de contact avec lescitoyens, réduits, comme eux, à l’unique lecturedes journaux aux gages d’une police surveillante etsévère, qui remplaçait par des flagorneries mendiéespar la puissance et consenties par la faiblesse , le cridouloureux de toutes les familles réduites au déses-poir, en vain cherchâmes-nous à élever la voix ; l’es-clavage de la presse opposa toujours une barrièreinsurmontable. Celui qui la levait où la fermait àson gré, étouffa toutes nos réclamations ; un de noshonorables collègues peut vous dire qu’il fit mutilerun de ses rapports dans tous les journaux, dans
(i) Le sénat ne sanctionna point le décret par lequell’empereur établit une censure préalable et arbitraire. Letort qu’il eut fut de ne pas annuller ce décret comme in-constitutionnel ; mais alors cette mesure était-elle exécu-table? Le tort de la chambre des pairs, si elle adoptaitla censure, serait assurément bien plus grave que ne lefut celui du sénat.