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besoin si réel de paix et de repos, devraient, dirent-ils , dissiper tontes les inquiétudes, et jamais on nevit de circonstance qui permît plus de sécurité , etqui rendît moins nécessaire la censure inconstitu-tionnelle qu’on nous propose.
Dans mon opinion particulière, je serais porté àpartager ces sentimens de confiance et de sécurité ;mais pouvons-nous prudemment opposer nos espé-rances fondées sur ces signes appareils de bonheurpublic, aux craintes que nous témoignent les mi-nistres responsables, qui reçoivent à toute heure desrapports certains de toutes les parties du royaume (1).Ici l’opinant rappelle toutes les terreurs vraies, ousimulées que le ministre a déjà fait connaître, et ilfinit par voter pour l’adoption du projet de loi.
M. le comte Porcher de liichebourg se prononcefortement contre toute espèce de censure préalable.Il fait sentir d’abord combien il serait dangereux deporter atteinte aux lois fondamentales de l’Etat : ilobserve, il prouve que si la liberté de la presse étaitsacrifiée , l’homme le plus confiant, le plus aveuglemême, ne pourrait plus compter sur l’équilibre despouvoirs , et que la responsabilité des ministres de-viendrait elle-même illusoire ; que les circonstancesactuelles, bien loin de prouver les prétendus dangers
(1) Pourquoi les ministres ne produisent-ils pas ces rap-ports? Pensent-ils que les preuves de bonne foi qu’ils
ont données aux deux chambres sont une raison suffi-
sante pour les dispenser à l’avenir de prouver leursassertions.