avez tort : la lumière n’est importune qu’à ceux quiont besoin des ténèbres. L’intérêt le plus pressant duroi, je l’ai dit et je' le répète, c’est de connaître toutela vérité sur les hommes et sur les choses; et, aprèsvingt années d’absence et un éloignement forcé dela plus grande partie de ses sujets , comment pour-rait-elle lui parvenir, sil’onn’apasla liberté d’écrire?
Je conçois que, sur ce point important, l’intérêtdes ministres pourrait bien n’être pas tout-à-fait lemême que celui du roi; mais je ne parle pas pourles ministres: et d’ailleurs, je dois le dire avec lanation toute entière, qui se plaît à leur rendre justice,ceux que sa majesté honore dans ce moment de saconfiance glorieuse n’ont rien à craindre auprèsd’elle de quelque vérité que ce soit. L’intérêt du roiet de ses ministres est donc entièrement le même , etje n’ai point d’exception à faire.
L’opinant passe aux inconvéniens de la liberté dela presse : il prouve que les lois existantes suffisentpour les réprimer; et quesi elles n’ont pas tout pré"vu,il est facile de les compléter; que la calomnie n’estpas aussi à craindre qu’on veut bien le prétendre,et que d’ailleurs elle sera bien plus redoutable avecune censure arbitraire qu’avec la liberté de la presse.
Ah ! sans doute, dit-il , la calomnie fait souventdes blessures profondes, et ses cicatrices demeurentaprès que les plaies sont guéries; mais la plus dange-reuse n’est-elle pas celle qui s’exerce dans l’ombre?Et, puisque vous êtes forcés d’abandonner aux seuls