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années , ont successivement dominé la France: il ya eu bien des constitutions 5 il n’en a pas existé unpqui n’ait été violée le premier jour, et vous savez cequi en est arrivé.
La suspension de la liberté de la presse est doncinconstitutionnelle 5 mais quand même elle ne le se-rait pas , la chambre devrait s’abstenir de l’accorder.Sans la liberté de la presse, il 11e peut y avoir de com-munication entre les représentais et les représentés:c’est par elle que les premiers sont informés des be-soins des seconds, et que la législation peut toujourss’approprier aux circonstances où l’on se trouve ; elledévoile tous les abus , elle réclame toutes les réfor-mes, elle rectifie toutes ces fausses vues: etcommçlesécrits qu’elle fait naître sont soumis à l’examen desautorités compétentes , l’opinion qui se forme parelle n’est accueillie qu’autant qu’elle est juste.
Elle est dans l’intérêt du peuple, maiselleest aussi,pour cela même, dans le véritable intérêt du roi, quine peut en être séparé.
Quel est le plus grand intérêt d'un rpi juste ,sage et bon comme le nôtre, et qui 11’a besoin qued’être averti? C’est de faire parvenir jusqu’à lui ,d'une manière facile et sûre , le langage de la véritéet l’expression des besoins du peuple. Or, commentcela arrivera-t-il , si la presse est enchaînée et si l’opi-nion demeure muette ; si des censeurs déterminentsouverainement ce qu’il faudra que le roi sache ,ce qu’il faudra que le roi ignore? quelles vérités de-vront arriver jusqu’à lin, et quelles devront lin être