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préparer des bouleversemens, fait remarquer les bonseffets que la charte a déjà produits ; l’accroissementprogressif du crédit public , la confiance dans laprotection des lois ; enfin les opinions les plus oppo-sées , les ressentimens les plus naturels, et les regretsles plus légitimes , fondus dans un sentiment com-mun de respect et d’amour pour le roi , et d’attache-ment pour la constitution qui doit nous régir.
On vous dit, ajoute l’opinant, que la suspensionqu’on vous propose ne sera que temporaire. Je veuxcroire que c’est l’opinion du ministre; mais je n’ac-cepte point cette promesse avec une entière confiance:il n’est pas difficile sans doute de sortir des limitesconstitutionnelles, mais il l’est beaucoup pour un mi-nistre de consentir à y rentrer. Il n’est pas dans la na-ture de l’hoinmc d’aimer à voir borner sa puissance.On aura de nouveaux motifs à vous alléguer; et ceuxqui défendentaujourd’hui la suspension que l’on vousdemande, auront dans deux ans de bonnes raisonspour vous engager à la prolonger. Messieurs, ce n’estjamais autrement qu’on attaque les constitutions , àmoins qu’on ne les renverse par des coups d’état; etj’aime à croire que, sous des Bourbons, nous ensommes garantis pour toujours.
Mais qu’importe, en effet, Messieurs , que la loique nous discutons ne soit qu’une loi provisoire , sielle est inconstitutionnelle? Vous ne pouvez pas plusvioler la constitution pour deux années quepourdeuxsiècles. N’imitons pas , je vous en conjure , les diffé-rens gouvernemens qui, pendant les vingt dernières