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pendre l’exercice de la liberté de la presse. Si vous yconsentez , que répondrez-vous à ceux qui viendrontvous proposer de suspendre aussi la procédure parjures , sous prétexté qu’elle laisse échapper les cou-pables , puis de rétablir la conscription comme pluscommode au recrutement de l’armée, puis de sanc-tionner des mesures contraires à la liberté indivisduelle , puis d’autoriser le ministre des finances à per-cevoir tel ou tel impôt qu’on n’aura pas eu le tempsde décréter. puis de mettre telle ou telle provincehors du régime de la constitution, et de la gouverner
militairement.Messieurs, quand on permet des
actes arbitraires, on ne sait plus où l’on pourra s’ar-rêter 5 et il n’y a point degouvernementsisolidcmentétabli, que l’habitude de l’arbitraire ne le place dansle chemin de sa perte. Vous devez aux nôtres, commeà vous , de le préserver de ce danger. La facilité quedonne aux gouvernemens la concession d’une cen-sure dictatoriale, ne balance pas le tort que leur faitla violation d’un seul des articles de la charte qui Içsgarantit, et qui fonde leur autorité sur la forceet l’intérêt de leurs peuples : plus les circonstancessont difficiles , plus ils ont besoin de l’appui deslois fondamentales de leur puissance 5 et ce 11’est pasà leurs sujets que la protection des lois est le plusnécessaire.
Ici l’orateur, après avoir observé que ce n’est pasimpunément qu’on se joue des lois constitutionnellesd’un état ; qu’elles doivent être irréfragables et sa-crées , et que leur empire 11e peu t s’affaiblir sans