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Lopinant ne pense pas , au reste, que la censurepréalable et arbitraire soit contraire à la liberté de lapresse ; car , suivant lui , réprimer est synonyme deprévenir. Dailleurs, que la censure soit ou non con-traire à la constitution, cest ce qui est fort indiffé-rent ; lessentiel est de savoir si elle est nécessaire :cette nécessité ne saurait être douteuse.

Plus les pensées ont été comprimées , ajoute-t-il,plus la faculté de les publier a été enchaînée, plus onse livrerait avec impétuosité au désir, à la possibilitéde les faire connaître ; ce serait un torrent long-temps retenu auquel on ouvrirait soudain une im-prudente issue 5 il porterait par-tout la dévastation,au lieu dy porter la prospérité.

Ces terreurs sont faciles à concevoir ; il est clairque, pour les hommes qui parlent à vide , rien nestplus effrayant que de se voir menacés dun torrentde pensées ; cependant, si MM, les défenseurs de lacensure préalable et arbitraire veulent absolumentnous préserver ces torrens dévastateurs , que 11eprennent-ils aussi quelques précautions pour nousgarantir des déluges de paroles ?

tre lorsquils exerceront la censure, ou lorsquils userontde la liberté de la presse, quelle ressource nous restera-t-ilpour les arrêter? La commission des pairs , des députés etdes commissaires du roi? Mais ces hommes seront encoredes Français , et ils passeront dun excès à lautre, et ilsdonneront dans les extrêmes !