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Aussi, par opposition , Tacite , après avoir peintles horreurs de Tibère, de Claude , de Néron , et seproposant , pour consoler l’humanité , d’écrire en-core l’histoire de Nerva et de Trajan , Tacite s’écrie:Tara temporum, félicitas , ubi senlire quœ vis et quœsentias dicere. Rare temps de bonheur, où vous pou-vez penser à votre aise , et publier librement ce quevous pensez.
Délivré de la tyrannie de Bonaparte , et rendu àson légitime souverain , le peuple français ne doutapoint de jouir enfin de cette communication librede la pensée que les Trajan et les Marc-Aurèle neredoutèrent jamais ; il pouvait d’autant mieux lecroire, qu’il ne devait avoir désormais qu’à célébrerles vertus de l’émule de ces princes , ou à faire en-tendre éventuellement quelques plaintes sur les mauxéchappés à la vigilance de ses ministres , et que soncœur paternel s’empresserait de réparer. Le peuplefrançais en fut surtout convaincu , lorsqu’il vit lesénat proposer cette liberté de la presse comme ga-rantie d’une nouvelle constitution réclamée par leslumières du siècle; notre auguste monarque l’assurerpar sa déclaration du 2 , mai, et la stipuler enfin parl’art. 8 de la charte constitutionnelle.
Le peuple français ne fut point surpris d’y voirmettre la réserve de la punition des abus de cetteliberté. En quel temps , en effet , et dans quel paysa-t-il été permis de calomnier impunément les ci-toyens et les magistrats, d’insulter aux bonnes mœurs,,eu de chercher à exciter des troubles?