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La liberté «le la presse , dit-il, est le critérium fle caractère distinctif de tout gouvernement libre ,et si bien «pie notre honorable collègue duc de Lévis,agitant, dans son excellent ouvrage sur l’Angleterre ,la question de savoir si depuis quelque temps le pou-voir royal n’y emporte pas la balance , M. le ducde Lé vis se décide pour la négative , par la raisonque la presse y est toujours aussi libre qu’elle Laitjamais été , et il le prouve par des exemples.
Dans tontes les constitutions qui ont été faitespour la France, la nation a toujours réclamé aupremier rang la liberté de la presse. Il n’y a qu’elleen effet qui puisse garantir la liberté politique etcivile , contenir dans la ligne de leurs devoirs les mi-nistres et les magistrats , les forcer à être justes , etprévenir les insurrections , seul langage qui reste àun peuple esclave. Aussi un autre de mes hono-rables collègues , M. le comte -Pastoret, dans sonrapport sur la calomnie , débutc-t-il par cette phraseéloquente : cc Que les amis de la liberté se rassurent 5si je 11e viens point ici, répétant des blasphèmes usés ,si vous proposer de rétablir l’esclavage de la pensée.u
Il 11’est pas étonnant que notre dernier despoteaprès avoir de fait supprimé depuis long-temps la li-berté de la presse, ait enfin rétabli authentiquementla censure , par son décret de février 1810. C’est lepropre de tous les tyrans , dit Montesquieu , decomprimer la communication de la pensée, pourempêcher la circulation de tout le mal que l’ondoit dire d’eux.