dans les deux chambres, la liberté de la presse paraî-tra sans danger. Mais rejetez le projet de loi, et vousnie direz, partisans de la liberté de la presse , qui devous ou de nous s’est trompé ( 1 ).
Ayant ainsi établi les dangers de la liberté de lapresse par la modération des écrivains , M. le ducde Brissac regrette que le projet de loi ait fait uneexception en faveur des membres de la chambre desdéputés et de la chambre des pairs ; cette exceptionlui paraît une futilité au-dessous des deux chambres;il aurait été de leur dignité, dit-il , de ne pas s’enoccuper ( 2 ).
L’opinant ajoute que l’article 5 du projet de loiaurait du autoriser le sursis pour les ouvrages quiblessent la religion , comme pour ceux qui blessentles bonnes mœurs. L’article 5, ajoute-t-il, n’échap-perait pas davantage à ma critique : cette commis-sion de trois pairs, de trois dépu tés et de trois commis-
(1) Si la crainte de perdre la liberté de la presse suffitpour commander la modération aux écrivains, il fautrendre cette crainte perpétuelle et la substituer à la cen-sure ; il faut rpie la < liambre des pairs retienne le projetde loi, jusqu’au moment où les faits prouveront la nécessitéde l’adopter.
(2) Fuisque M. le duc a un attachement si fort pour lacensure , il aurait dù y soumettre son discours avant dele prononcer; je suis persuadé que parmi les censeurs , ilaurait trouvé des hommes assez sensés pour l’inviter àsupprimer celte d .rnieie phlrase.