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!N’est-il pas , au reste , des moyens indirects deprévenir les délits de la presse sans recourir à desmesures offensives de sa liberté, moyens qui seraientdu domaine de la loi.
Après avoir examiné les divers moyens que leslois mettent dans les mains du gouvernement pourarrêter les écrits dangereux , l’opinant s’étonne queces moyens ne suffisent pas aux ministres. Il faut à laconscience de leur sécurité , dit-il , que la loi constituela servitude de la pensée, établisse un silence absolusur chaque acte de leur pouvoir , comme sur toutesles parties de l’administration, par l’examen de lacensure préalable d’hommes choisis par l’autorité.
Je n’exagère pas ici en disant que l’examen et lacensure préalable emprisonneront la pensée , cou-vriront de la nuit l’administration et ses actes géné-raux et particuliers. J’en atteste vos souvenirs : les re-montrances des cours de parlement et autres courssupérieures, chef-d’œuvre de logique et de raison ,toutes écrites avec la plus sage retenue, vrais mo-dèles de pétitions décentes et respectueuses envers lepouvoir qu’elles suppliaient de s’arrêter, n’étaieut-elles pas traitées comme des harangues des Gracques,parles ministres et la cour? Leur inquiétude n’allait-elle pas jusqu’à la violence de les supprimer sur lesregistres, qui n’étaient pas cependant ouverts aupublic ?
Après avoir ainsi établi que la censure préalable*t arbitraire des agens du gouvernement détruit la