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montre grand admirateur du passé. Il faut con-venir cependant que le passé offre , dans notre his-toire, assez peu de choses qu’on puisse présenter avecfruit à l’admiration des jeunes gens à qui l’on veutinspirer des idées justes sur leurs devoirs de sujets et■de citoyens, des sentimens utiles , et des mœurs quisoient en harmonie avec nos nouvelles institutions.Qu’y trouve-t-on , en effet , qu’on puisse, dans cettevue, leur proposer pour modèle ? Est-ce la conduitetour-a-tour servile ou séditieuse des grands de l’état?La résistance souvent ambitieuse des parlçmens ?Le fanatisme des diverses sectes religieuses? Est-cemême la conduite des Français dont la religion aété la plus éclairée et la moralité la plus pure ? Ceshommes ont sans doute été vrais chrétiens et deshommes probes, dans un temps où il n’était pas né-cessaire d’être citoyen pour mériter ces nobles titres ;mais on peut dire peut-être , à une époque où le res-pect pour les lois doit devenir la première qualité desFrançais, qu’il manque à la physionomie morale deces mêmes hommes un des traits qu’il serait le plusessentiel d’offrir à l’admiration des jeunes gens. Fousproposera-t-on pour règle de conduite ce vieil hon-neur français , sujet éternel des éloges de nos histo-riens et de nos moralistes ? Je suis loin de déprécierles inspirations nobles et généreuses dont nos pèresétaient redevables à ce sentiment ; mais on sait qu’iln’était pas pour eux un guide toujours sûr 5 011 saitque cet honneur , enfant d’une vanité fausse et dé-réglée , d’un côté se déclarait orgueilleusement in-dépendant des lois , et de l’autre cédait sans pudeur