Enfin , supposons que nos ministres s’obstinant àsuivre le système choquant de rétrogradation qu’ilsparaissent avoir adopté , détruisent insensiblementtoutes les garanties que la charte donnait à la na-tion , ouvrent ainsi la porte à tous les désordres , etce qui serait le plus grave de tons , parviennent àinvestir nos rois , ou plutôt leurs*'ministres , d’unpouvoir illimité. Supposons que les ministres descultes chrétiens, au lieu de faire servir la religion àl’affermissement de nos institutions naissantes , fa*vorisent des usurpations si coupables, et que, parsuite de cette espèce de conspiration , l’état retombesous le triple despotisme des rois, des grands et desprêtres; s’il s’y trouve encore des écrivains assez cou-rageux et assez probes pour attaquer sans ménage-ment un ordre de choses si contraires aux lois surlesquelles la monarchie vient d’être reconstituée , etexciter la nation à revendiquer de6 droits qu’on luiaura si injustement ravis, M. Frayssinous les accu-serait-il de philosophisme?
On voit que l’orateur aurait dû s’expliquer sur lesens qu’il attachait à ce mot ; car s’il est nécessaired’abjurer ce philosophisme qui se révolte contre toutce qui ne s’accorde pas avec ses vains systèmes , iln’importe pas moins de rester fidèle à cette philoso-phie sage et courageuse qui n’aspire qu’à défendreles lois de l’état contre toutes les ambitions conju-rées, et à fonder solidement leur empire.
Il est temps de revenir à une religion si injustementméconnue. On doit sans doute former des vœux pour