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qui les gouvernent. Enfin il ne faudrait pas leur ap-prendre à mépriser les dignités et les honneurs, lors-que la patrie ne peut donner aux citoyens vertueuxqui la servent, que des honneurs ou des dignités.
Et qu’on ne pense pas que j’aie l’intention de dé-précier certains préceptes de la morale évangélique ;car je crois, an contraire, qu'ils étaient tous cxcel-lens pour le siècle où ils furent enseignés. Dans lestemps où les esprits n’étaient occupés que de vainesdisputes, et où les systèmes les plus absurdes étaientceux qui avaient le plus de partisans, on devaitdonner un certain prix à l’ignorance , parce quel’ignorance est préférable à l’erreur ; mais il seraitinsensé de déprécier les sciences, lorsqu’elles n’ontpour but que l’utilité des hommes , et qu’elles neprennent que l’expérience pour guide. On devaitégalement inspirer du mépris pour les honneurs oupour les dignités, dans un temps où l’on ne pouvaitles acquérir que par la faveur, et où la faveur nes’acquérait que par le crime : Ad quem ( consulatum )non nisi per Sejanum aditus : neque Sejani -voluntasnisi scelere quœrebatur ; mais ce serait une folied’assimiler les actes de tous les gouvernemens auxactes des Séjan et des Tibère'. En un mot, les pré-ceptes de la morale ni les lois ne sauraient être inva-riables ; on doit les changer toutes les fois que lescirconstances pour lesquelles ils ont été faits , chan-gent; agir autrement, c’est se conduire comine si leshommes étaient faits pour la règle, et non la règlepour les hommes.