les peines les moins sujettes à contestations ; parcequ’une fois qu’on serait bien convaincu de la réalitédes unes , on trouverait qu’on n’a si peu d’intérêt àne pas croire à la réalité des autres, qu’on ne son-gerait plus à discuter sur ce point. Ainsi, l’on feraitconnaître tous les mau:? qui résultent immédiate-ment d’une mauvaise action , ou même qui la pré-cèdent; tels, par exemple , que le danger auquel ilfaut s’exposer pour la commettre, et le mépris oul’aversion dont elle charge celui qui en est l’auteur.Viendraient ensuite les peines prononcées par leslois ; enfin on exposerait les dogmes des peines et desrécompenses d’une autre vie. Je dis qu’on exposeraitles dogmes des peines et des récompenses d’uneautre vie, parce que toutes les sectes s’accordent àreconnaître l’existence de Dieu , l’immortalité del’ame , la récompense des bons et la punition desméchans.
Il importerait sur-tout de bien proportionner l’ins-truction à l’âge et à l’état de chaque personne. Il nefaudrait pas , par exemple , que les ministres de lareligion vinssent annoncer gravement à des enfans dehuit ans, qu’ils doivent s’abstenir de la séduction etde l’adultère , et qu’il ne leur est permis de désirerVœuvre de chair qu’en mariage seulement. Il ne fau-drait pas leur apprendre que l’ignorance et l’imbé-cillité sont des titres pour le royaume des cieux,lorsqu’on les destine à des emplois qui ne peuvent êtreremplis que par des hommes éclairés, ou lorsqu’onne veut pas leur faire mépriser les hommes instruits