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1 (1815)
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303
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Si le système que je propose était adopté, josecroire quon verrait un changement total dans lesmœurs : nos institutions, si faibles en elles-mêmes ,prendraient de la force et de la stabilité ; le gouver-nement, se voyant établi sur des bases solides, nau-rait plus à craindre les suites de cette inquiétude etde cette terreur quinspire toujours un pouvoir donton naperçoit pas les limites : les citoyens voyantquils nont plus rien à craindre du gouvernement,ne len serviraient quavec plus de zèle ; on nauraitquune règle commune pour juger de la moralité desactions des hommes, et cette règle, ne sera autrechose que lutilité publique ; la loi ne serait jamaisviolée quavec connaissance de cause ; et nous neverrions pas punir des personnes qui, leplussouvent,nont failli que par ignorance 5 les«citoyens vertueuxvoyant toujours des lois qui les protégeraient, enseraient plus attachés à leur patrie ; les médianssexileraient ou sabstiendraient de mal faire , parcequils verraient sans cesse des lois prêtes à les punir;et que lanimadversion publique et la religion lespoursuivraient quand le magistrat ne pourrait pas lesatteindre ; la religion , respectée par les meilleurscitoyens, ne serait plus un objet de dérision, et lonoserait être religieux , parce quon pourrait lêtresans craindre de passer aux yeux de certaines genspour un sot, pour un ignorant ou pour un hypo-crite. Mais, pour arriver à ce résultat, il faudraitun gouvernement qui voulût rendre les hommesmeilleurs ; un ouvrage de morale et de législation