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Si le système que je propose était adopté, j’osecroire qu’on verrait un changement total dans lesmœurs : nos institutions, si faibles en elles-mêmes ,prendraient de la force et de la stabilité ; le gouver-nement, se voyant établi sur des bases solides, n’au-rait plus à craindre les suites de cette inquiétude etde cette terreur qu’inspire toujours un pouvoir donton n’aperçoit pas les limites : les citoyens voyantqu’ils n’ont plus rien à craindre du gouvernement,ne l’en serviraient qu’avec plus de zèle ; on n’auraitqu’une règle commune pour juger de la moralité desactions des hommes, et cette règle, ne sera autrechose que l’utilité publique ; la loi ne serait jamaisviolée qu’avec connaissance de cause ; et nous neverrions pas punir des personnes qui, leplussouvent,n’ont failli que par ignorance 5 les«citoyens vertueuxvoyant toujours des lois qui les protégeraient, enseraient plus attachés à leur patrie ; les médianss’exileraient ou s’abstiendraient de mal faire , parcequ’ils verraient sans cesse des lois prêtes à les punir;et que l’animadversion publique et la religion lespoursuivraient quand le magistrat ne pourrait pas lesatteindre ; la religion , respectée par les meilleurscitoyens, ne serait plus un objet de dérision, et l’onoserait être religieux , parce qu’on pourrait l’êtresans craindre de passer aux yeux de certaines genspour un sot, pour un ignorant ou pour un hypo-crite. Mais, pour arriver à ce résultat, il faudraitun gouvernement qui voulût rendre les hommesmeilleurs ; un ouvrage de morale et de législation