( 29 8 )
porter aucune atteinte aux lois ou au gouvernement,et par conséquent sans encouru- aucune peine.
Ce mépris pour la religion ne résulte pas seulementde ce que des écrivains , persuadés qu’elle n’étaitfondée que sur ce qu’ils appelaient des préjugés ,ont fait impunément tous leurs efforts pour la dé-truire ; il résulte aussi de la manière dont le peuplereçoit l’éducation. Les hommes qui n’ont pas d’autrefortune que leurs bras , n’emploieni à leur instructionque le temps qu’ils ne peuvent pas employer à pour-voir à leur subsistance, c'est-à dire les premières an-nées de leur enfance; mais comme ils n’apprennentque des préceptes, extrêmement vagues , ils les ontbientôt oubliés. D’ailleurs , devant Dieu , un repen-tir efface tout; on peut se repenti/ à tout âge, et lavie est si longue! Et pourquoi se priver d’un bienréel, dans la crainte d’un mal qui ne peut jamaisarriver? C’est ainsi que raisonnent les hommes quin’ont pas d’autre frein que la religion, et c’est ainsiqu’ils vont de la faute au vice, du vice aif cfime, etdu crime à l’échafaud.
Tels sont les principaux effets qui résultent de l’é-ducation vicieuse qu’on nous donne. Ces effets de-viennent causes «à leur tour : mais je laisse au lecteurle soin d’en suivre lés conséquences. Je vais examinermaintenant s’il 11e serait pas possible de détruire cesvices, ou du moins d’en affaiblir considérablementles e'fets.
D’abord on doit bien se pénétrer de cette vérité ,qui si la religion et la morale sont séparées des lois 5