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Le dernier effet qui résulte du défaut de liaisonentre les lois , la morale et la religion', est le méprisdans lequel les institutions religieuses sont tombées,mépris qui ne cessera de croître que lorsqu’on enaura détruit la cause. Si, dans les beaux sièclesd’Athènes ou de Rome, quelques écrivains avaientparlé du paganisme, comme la plupart des auteursmodernes ont parlé de la religion chrétienne , ilsauraient été bannis ou mis à mort , et nul bon ci-toyen n’eût désapprouvé leur condamnation : cepen-dant nos auteurs ont vécu et sont morts tranquilles ;ou s’ils ont essuyé quelques persécutions suscitées pardes prêtres , leur réputation et leur gloire s’en sontaccrues aux yeux du public.
Faut-il donc blâmer la sévérité des anciens gou-nemens, ou la douceur des gouvernemens mo-dernes ? Ni l’une ni l’autre. Chez les anciens, la re-ligion se liait si bien aux lois, qu’on ne pouvait lafaire tomber dans le mépris sans y faire tomber leslois en même temps ; il n’y avait donc qu’un enne-mi de l’état qui fût capable de vouloir la détruire :or, un tel homme devait nécessairement être punipar les lois. Chez les modernes , au contraire, la reli-gion n’a aucun rapport avec les institutions civiles ;elle n’a pas pour objet de rendre les hommes heu-reux dans ce bas inonde ; elle n’est faite, dit-on , quepour les conduire à une autre vie ; et comme les loisn’ont pour objet que le bonheur des citoyens, commed’ailleurs les gouvernemens ne sont pas établis pourfaire des élus , on peut attaquer la religion sans